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Un praticien en tenue noire enfile une paire de gants nitrile noirs.

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Varices : ce qu’elles sont, et tous les traitements possibles

Jambes et circulation · Publié le 17 septembre 2026 · Mis à jour le 23 octobre 2026

Une varice n’est pas une veine en trop : c’est une veine dont les valvules ne ferment plus, et qui se dilate sous la pression du sang qui redescend. Cette distinction commande tout le reste — pourquoi elles ne régressent jamais seules, pourquoi l’écho-Doppler passe avant le traitement, et pourquoi la bonne technique n’est pas la même selon la veine concernée. Voici le panorama complet, y compris ce que nous ne faisons pas.

Ce texte n’est pas un avis médical. Il décrit une situation générale ; votre cas se juge en consultation, après examen.

Un praticien en tenue noire enfile une paire de gants nitrile noirs.

« Est-ce qu’on peut me les enlever ? » C’est la question qui ouvre la plupart des consultations pour varices, et elle contient déjà un malentendu. On n’enlève pas une varice comme on retire une écharde : on supprime le trajet d’un reflux, ce qui n’est pas la même opération intellectuelle ni le même geste, et ce qui explique pourquoi deux personnes avec des varices d’aspect identique ne relèvent pas du même traitement.

Cet article décrit ce qu’est réellement une varice, ce que l’examen cherche, et l’ensemble des techniques disponibles aujourd’hui — y compris celles qui ne se pratiquent pas dans un cabinet de médecine vasculaire et pour lesquelles nous adressons. Il dit aussi ce qui est pris en charge et ce qui ne l’est pas, parce que c’est la deuxième question, et qu’elle mérite une réponse précise.

Une varice, ce n’est pas une veine « en trop »

Les veines des jambes remontent le sang vers le cœur contre la gravité, poussées par la contraction des mollets, et empêchées de redescendre par des valvules qui font clapet. Quand une valvule cesse de fermer, le sang reflue vers le bas à chaque relâchement musculaire. La veine située en dessous reçoit une colonne de sang qu’elle n’était pas faite pour supporter : elle se dilate, s’allonge, devient sinueuse — elle devient une varice.

La valvule veineuse, quand elle tient et quand elle lâche
La valvule veineuse, quand elle tient et quand elle lâche VALVULE CONTINENTE VALVULE INCONTINENTE 1 2 3 4

Le sang des jambes remonte vers le cœur contre la pesanteur. Rien ne le pousse d’en bas : il progresse par à-coups, à chaque contraction musculaire, et ce sont les valvules qui l’empêchent de retomber entre deux.

Une valvule est faite de deux fins clapets. Le sang les écarte en montant, puis ils se rejoignent derrière lui et ferment le passage. Tant qu’ils se touchent, la colonne de sang est découpée en tronçons courts, et la pression reste basse.

Quand la veine s’est élargie, les clapets ne se rejoignent plus : ils flottent de part et d’autre et laissent le sang redescendre. C’est le reflux. Il est silencieux au début, et c’est lui que l’écho-Doppler cherche.

Le sang qui redescend s’ajoute à celui qui monte : la pression augmente en dessous, la paroi cède un peu plus, et les valvules voisines se retrouvent à leur tour trop écartées pour fermer. Le mécanisme s’entretient lui-même — c’est pourquoi une varice ne régresse pas toute seule.

Schéma UZELIA — représentation simplifiée, sans échelle.

Deux conséquences découlent de cette définition. D’abord, la varice est le symptôme d’un reflux situé plus haut, pas la maladie elle-même : traiter la varice visible sans traiter la fuite qui l’alimente, c’est vider un bassin sans fermer le robinet, et c’est la première cause de récidive rapide. Ensuite, le mécanisme s’auto-aggrave — la dilatation met en défaut les valvules voisines — ce qui explique qu’une varice ne régresse jamais spontanément.

Varices, varicosités, veines réticulaires

Le vocabulaire courant confond trois choses qui n’ont ni le même calibre, ni la même profondeur, ni le même traitement.

Vaisseau Calibre Profondeur Aspect
Varicosités (télangiectasies) Moins d’un millimètre Dans le derme Fins filets rouges ou violets, en toile
Veines réticulaires 1 à 3 millimètres Sous le derme Réseau bleuté, plat
Varices Plus de 3 millimètres Sous la peau Relief palpable, trajet sinueux

Les varicosités se voient et ne se palpent pas ; les varices font relief sous le doigt. Entre les deux, les veines réticulaires forment souvent le réseau nourricier des varicosités — ce qui explique qu’on les traite d’abord, sous peine de voir les varicosités revenir aussitôt.

Ce que l’écho-Doppler cherche, et pourquoi il passe avant tout

C’est l’examen de référence de la maladie veineuse. Il est indolore, se fait debout puis allongé, et il donne trois informations que rien d’autre ne fournit.

Y a-t-il un reflux, c’est-à-dire du sang qui redescend quand la valvule devrait l’en empêcher. Où exactement : sur quel tronc, à partir de quel point de fuite, sur quelle longueur, et avec quel diamètre — ces chiffres décident de la technique. Et le réseau profond est-il libre : une veine profonde obstruée par une thrombose ancienne change tout, parce que le réseau superficiel sert alors de dérivation et qu’on ne le supprime pas.

Sans cette carte, on traite à l’aveugle. C’est pourquoi aucun geste n’est programmé au centre avant qu’elle ne soit faite, y compris pour des varicosités d’allure purement esthétique.

Les traitements, du plus simple au plus lourd

La compression médicale

Elle n’est pas un traitement des varices : elle ne les fait pas disparaître. Elle soulage les symptômes, limite l’œdème, prévient les complications, et reste utile à tous les stades — y compris en alternative quand un geste n’est pas souhaité ou pas possible. Elle accompagne systématiquement les autres techniques dans les jours qui suivent.

La sclérothérapie

On injecte dans la veine un produit qui agresse volontairement sa paroi interne. La veine se referme, se transforme en un cordon fibreux, puis est résorbée par l’organisme au fil des mois. Elle ne « revient » pas : elle disparaît.

Le produit peut être injecté sous forme liquide — c’est la technique des varicosités et des petites veines réticulaires, sous simple contrôle visuel — ou transformé en mousse, en le mélangeant à de l’air. La mousse chasse le sang au lieu de s’y diluer, reste au contact de la paroi et agit sur des calibres plus importants. Sur une varice, l’injection se fait alors sous contrôle échographique : c’est l’écho-sclérose.

C’est le geste que nous pratiquons au centre. Son déroulement et ses suites sont décrits en détail dans un article dédié.

L’ablation thermique endoveineuse

Une fibre laser ou une sonde de radiofréquence est glissée dans la veine sous contrôle échographique, et la chauffe sur toute sa longueur, ce qui l’occlut définitivement. Le geste se fait sous anesthésie locale par infiltration, en ambulatoire, avec une reprise d’activité rapide.

Les recommandations européennes de 2022 placent cette technique en première intention pour le traitement des troncs saphéniens incontinents, avec le plus haut niveau de preuve, et sans différence démontrée entre laser et radiofréquence. C’est une information que nous donnons telle quelle, même si nous ne pratiquons pas ce geste : il n’appartient pas à un médecin de hiérarchiser les techniques selon ce qu’il sait faire.

Les techniques non thermiques

La colle biologique, injectée dans la veine pour la coller de l’intérieur, et les techniques mécano-chimiques, qui associent une agression mécanique de la paroi à un produit sclérosant, se passent d’anesthésie par infiltration. La colle peut traiter des calibres importants ; les techniques mécano-chimiques affichent des taux d’occlusion inférieurs à ceux des techniques thermiques.

La chirurgie

L’éveinage — le retrait de la veine sur sa longueur, éventuellement associé à la ligature de sa jonction — a été le traitement de référence pendant des décennies. Les recommandations de 2022 le réservent désormais aux situations où les techniques endoveineuses ne sont pas disponibles ou pas réalisables. La phlébectomie ambulatoire, qui retire par micro-incisions les collatérales variqueuses, garde en revanche toute sa place, souvent en complément d’un autre geste.

Situation Traitement de référence
Varicosités et veines réticulaires Sclérothérapie liquide ou mousse
Varices collatérales, varices récidivées Écho-sclérose à la mousse, phlébectomie
Tronc saphénien incontinent Ablation thermique en première intention
Tronc de petit calibre Écho-sclérose à la mousse, en deuxième intention
Symptômes sans indication de geste Compression et marche

Qui développe des varices

La question revient toujours, souvent sur le mode du reproche que l’on s’adresse à soi-même. La réponse est moins culpabilisante qu’on ne le croit : le facteur dominant n’est pas le mode de vie, c’est l’hérédité.

Facteur Ce qu’il pèse
Antécédents familiaux Le facteur principal ; un parent atteint suffit souvent à expliquer une apparition précoce
Sexe féminin Plus fréquent, en partie du fait des grossesses et des variations hormonales
Grossesses Chaque grossesse ajoute ; les premières varices y apparaissent souvent
Station debout ou assise prolongée Facteur professionnel majeur et sous-estimé
Âge La prévalence augmente régulièrement avec les décennies
Surpoids Aggrave les symptômes et complique le geste
Chaleur Dilate, aggrave la gêne, sans créer la maladie

Ce que cette liste dit aussi : on ne « mérite » pas ses varices. Un mode de vie irréprochable n’en protège pas quand la prédisposition est là, et c’est une raison de consulter sans attendre d’avoir quelque chose à se reprocher.

Si l’on ne fait rien : l’histoire naturelle

Une varice ne régresse pas, mais elle n’évolue pas non plus au même rythme chez tout le monde. Beaucoup restent stables pendant des années. Chez d’autres, la maladie progresse par paliers, et la progression suit un ordre assez constant que l’on décrit par une échelle internationale : des symptômes sans signe visible, puis des varicosités, puis des varices, puis l’œdème, puis l’atteinte de la peau, puis l’ulcère.

Trois complications méritent d’être connues, non pour inquiéter mais parce qu’elles se reconnaissent facilement et qu’elles changent la conduite à tenir.

La thrombose veineuse superficielle

Un cordon dur, rouge, chaud et douloureux le long d’un trajet variqueux. Longtemps considérée comme bénigne, elle est aujourd’hui prise au sérieux : elle peut s’étendre au réseau profond, et elle justifie un examen sans attendre, pas une poche de glace et de la patience.

Les modifications de la peau

Au-dessus de la cheville, une coloration brune qui s’installe, un eczéma qui récidive toujours au même endroit, une peau qui durcit et se rétracte. Ce sont les marques d’une hyperpression ancienne, et le stade à partir duquel traiter le reflux ne relève plus du confort.

L’ulcère veineux

Une plaie de la cheville qui ne cicatrise pas. Il concerne une minorité de personnes, après de longues années d’évolution non prise en charge. C’est l’aboutissement d’une maladie qui aura donné des signes pendant des années avant d’en arriver là — d’où l’intérêt de consulter au stade où l’on a encore le choix.

Ce qui ne traite pas les varices

Autant le dire, cela évite des dépenses et des déceptions. Les crèmes, gels et huiles n’atteignent pas la veine et n’ont aucun effet sur un reflux ; au mieux, la fraîcheur de l’application soulage un moment. Les veinotoniques agissent modestement sur les symptômes, pas sur la maladie ; leur service médical rendu a été jugé insuffisant et ils ne sont plus remboursés depuis 2008.

Le laser appliqué à travers la peau traite certaines très fines varicosités du visage, mais sur les jambes il donne des résultats inférieurs à la sclérothérapie et expose à des marques : ce n’est pas la technique de référence sur cette localisation. Quant aux appareils de massage et aux compléments alimentaires, ils n’ont pas fait la preuve d’un effet sur la maladie veineuse.

Ce qui marche, à l’inverse, tient en peu de choses : la compression, la marche, et le traitement du reflux quand il est documenté.

Ce qui est pris en charge, et ce qui ne l’est pas

La distinction ne porte pas sur la technique employée mais sur l’indication.

Le traitement d’une varice avec reflux documenté à l’écho-Doppler relève de la médecine : la consultation, l’examen et le geste peuvent être pris en charge par l’Assurance Maladie dans les conditions habituelles. La compression prescrite est remboursée en partie.

Le traitement de varicosités isolées, sans reflux sous-jacent, est à visée esthétique : il reste à votre charge, et il fait l’objet d’un devis écrit avant toute séance. Dans une même jambe, les deux situations coexistent souvent — une partie du programme relève du soin, l’autre de l’esthétique. La ligne de partage vous est expliquée avant de commencer, chiffres à l’appui, et non découverte à la fin.

Ce que nous faisons au centre, et ce que nous adressons

Nous réalisons la consultation de médecine vasculaire, l’écho-Doppler veineux des membres inférieurs, la cartographie des reflux, la prescription et l’adaptation de la compression, la sclérothérapie liquide et l’écho-sclérose à la mousse, ainsi que le suivi.

Nous ne réalisons ni l’ablation thermique endoveineuse, ni la chirurgie. Lorsque votre cartographie indique que la meilleure option est l’une de ces techniques, nous vous le disons et nous vous adressons, avec le compte rendu de l’examen et le motif de l’orientation. Vous restez libre de revenir pour la suite, notamment pour le traitement des collatérales et des varicosités après le geste principal — c’est même la séquence la plus fréquente.

Après le traitement : la question de la récidive

Une veine traitée correctement ne se rouvre pas. Ce qui peut revenir, c’est la maladie : la prédisposition demeure, d’autres veines peuvent devenir incontinentes avec les années, et de nouvelles varicosités apparaître ailleurs. Parler de récidive est donc souvent inexact — il s’agit d’une nouvelle localisation, pas d’un échec du geste précédent.

Ce qui réduit ce risque : traiter la fuite et pas seulement son résultat visible, porter la compression prescrite, marcher, et revenir à un contrôle espacé qui permet de traiter tôt ce qui apparaît, quand c’est simple et peu coûteux. Ce qui l’augmente : traiter des varices sans écho-Doppler préalable, et s’arrêter au milieu d’un programme.

Aucun traitement ne met à l’abri d’une évolution ultérieure, et nous ne le présentons pas autrement. Le contexte plus général des symptômes — lourdeur, gonflement, crampes — est traité dans notre article sur les jambes lourdes, et la page varices et varicosités résume la prise en charge proposée.

Questions fréquentesce que l’on nous demande

Peut-on traiter des varicosités sans écho-Doppler ?

Techniquement oui. Mais une partie des personnes venues pour des varicosités ont un reflux qu’elles ignorent, et traiter la surface sans le corriger revient à obtenir un résultat qui se dégrade en quelques mois. L’examen se fait pendant la consultation et n’ajoute pas de rendez-vous.

Le traitement fait-il mal ?

La sclérothérapie utilise une aiguille très fine ; la piqûre est à peine perceptible et certains décrivent une brève sensation de chaleur au moment où le produit se diffuse. Aucune anesthésie n’est nécessaire et l’on repart en marchant. L’ablation thermique se fait sous anesthésie locale par infiltration, avec un inconfort limité pendant l’infiltration elle-même.

Faut-il arrêter le travail ?

Pas après une séance de sclérothérapie : la marche est même recommandée immédiatement. Après une ablation thermique, la reprise est habituellement rapide, mais elle dépend du métier et c’est l’opérateur qui la fixe.

Et si je ne fais rien ?

Beaucoup de varices restent stables longtemps et n’imposent rien. La question n’est donc pas de traiter à tout prix, mais de savoir où l’on en est : c’est l’atteinte de la peau de la cheville — coloration brune, eczéma, durcissement — qui marque le moment où l’abstention devient coûteuse. Ne rien faire est une décision recevable, à condition d’être prise en connaissance de cause et réévaluée.

Les varices pendant la grossesse : on attend ?

Oui. Beaucoup régressent dans les mois qui suivent l’accouchement, et l’on réévalue à distance, classiquement après la fin de l’allaitement. Pendant la grossesse, la compression est la mesure de choix. En revanche, une douleur d’un seul mollet se fait examiner sans attendre, car le risque de thrombose est augmenté.

Une varice peut-elle se rompre ?

C’est rare et cela concerne surtout des varices très saillantes et anciennes, à la cheville, sur une peau fragilisée. En cas de saignement, la conduite est contre-intuitive et simple : s’allonger, surélever la jambe franchement, comprimer avec un linge propre, et appeler les secours. Surtout, ne pas rester debout.

L’été, peut-on traiter ?

C’est déconseillé : la compression se porte mal par forte chaleur, et le soleil sur une zone récemment traitée fixe la pigmentation brune qui suit l’injection. La saison utile va de l’automne au printemps, ce qui tombe bien avec le rythme des jambes découvertes.

Relu par le Dr BAROUDI

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