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Une main gantée de noir tient une seringue à aiguille fine, sur fond clair.

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Sclérose à la mousse : comment se passe une séance

Jambes et circulation · Publié le 17 septembre 2026 · Mis à jour le 23 octobre 2026

La sclérothérapie a mauvaise réputation auprès de ceux qui ne l’ont jamais faite et une réputation tranquille auprès de ceux qui l’ont faite. Entre les deux, il y a surtout un défaut d’information : on ne sait pas ce qui va se passer, ni ce que l’on verra dans les jours qui suivent. Voici le déroulé complet, ce qui est normal, ce qui ne l’est pas, et ce qui décide du résultat.

Ce texte n’est pas un avis médical. Il décrit une situation générale ; votre cas se juge en consultation, après examen.

Une main gantée de noir tient une seringue à aiguille fine, sur fond clair.

La sclérothérapie consiste à injecter dans une veine un produit qui agresse volontairement sa paroi interne. La veine se referme, se transforme en un cordon fibreux, puis est résorbée par l’organisme au fil des mois. Elle ne se rouvre pas : elle disparaît. C’est un des rares gestes en médecine où l’on détruit délibérément une structure du corps — parce que celle-ci ne rend plus service et qu’elle nuit.

Cet article décrit ce qui se passe réellement, dans l’ordre : ce que l’on vous demande avant, comment la séance se déroule, ce que vous verrez sur votre jambe les jours suivants, ce qui doit vous faire revenir, et le nombre de séances auquel il faut s’attendre. Il suppose que l’indication a été posée après un écho-Doppler — ce point n’est pas négociable et il est expliqué dans notre article sur les varices.

Pourquoi la mousse plutôt que le liquide

Le même produit sclérosant peut être injecté sous deux formes. En liquide, il se dilue dans le sang de la veine, ce qui convient parfaitement aux vaisseaux de très petit calibre : varicosités, veines réticulaires.

Transformé en mousse — par mélange à de l’air, juste avant l’injection — il change de comportement. La mousse chasse le sang au lieu de s’y diluer, reste au contact de la paroi sur toute la longueur du segment traité, et agit donc sur des calibres bien plus importants avec une quantité moindre de produit. Elle est en outre visible à l’échographie, ce qui permet de suivre sa progression pendant qu’on l’injecte.

Sur une varice, l’injection se fait sous contrôle échographique : c’est l’écho-sclérose. Sur des varicosités, le contrôle visuel suffit, éventuellement aidé d’une lumière polarisée.

Avant la séance

La consultation qui précède

Elle comporte l’interrogatoire, l’examen debout, l’écho-Doppler des deux jambes, et l’établissement de la carte des reflux. De cette carte découle le plan : quelles veines, dans quel ordre, en combien de séances. L’ordre compte — on traite toujours de l’amont vers l’aval, la fuite avant ce qu’elle alimente, faute de quoi le résultat se dégrade en quelques mois.

Vous repartez avec l’information sur les risques, la prescription de la compression, et, pour la part esthétique, un devis écrit. Rien n’est engagé ce jour-là.

Ce qu’il faut nous signaler

Un antécédent de thrombose veineuse, personnelle ou familiale. Un trouble connu de la coagulation. Une migraine avec aura — elle ne contre-indique pas mais modifie la technique et les volumes. Une allergie connue à un produit sclérosant. Un traitement anticoagulant ou antiagrégant. Une grossesse en cours ou un allaitement. Et la présence d’un foramen ovale perméable, si vous en avez connaissance.

Le jour de la séance

Jambes rasées ou non, peu importe, mais propres et sans crème ni huile. Prévoyez un pantalon large ou une jupe : la compression se pose en fin de séance et vous repartez avec. Apportez vos bas ou chaussettes de compression, achetés sur prescription avant la séance. Mangez normalement — il n’y a pas à être à jeun.

Le déroulé d’une séance

Vous êtes allongé, la jambe surélevée pour vider les veines du segment à traiter. La mousse est préparée juste avant l’injection : elle se dégrade en peu de temps, elle ne se prépare donc pas à l’avance.

L’aiguille employée est très fine. Pour une varice, la ponction se fait sous échographie, l’écran permettant de vérifier que l’aiguille est bien dans la lumière de la veine avant d’injecter, puis de suivre la mousse pendant qu’elle progresse et que la veine se referme sous les yeux. Pour des varicosités, les injections sont multiples, très superficielles, et guidées à l’œil.

Ce que l’on ressent : la piqûre est à peine perceptible, et certains décrivent une brève sensation de chaleur ou de picotement au moment où le produit se diffuse — quelques secondes. Aucune anesthésie n’est nécessaire.

La compression est posée en fin de séance, et l’on vous demande de marcher immédiatement. Cette marche n’est pas une politesse : elle chasse le produit résiduel vers le réseau profond où il est dilué et inactivé, ce qui diminue les effets indésirables. Vous repartez seul, vous pouvez conduire, et vous reprenez vos activités le jour même.

Les suites, jour après jour

Quand Ce que vous observez Conduite
Les premières heures Rougeur au point de ponction, parfois une papule qui disparaît vite Rien à faire ; marcher
Jours 1 à 3 Trajet traité sensible, un peu induré au toucher Compression, marche, pas de sport intense
Première semaine Petites ecchymoses aux points de ponction Elles partent en une à deux semaines
Semaines 2 à 6 Cordon dur et parfois sensible le long de la veine traitée C’est la veine qui se fibrose : c’est le signe que ça marche
Semaines 2 à 12 Pigmentation brunâtre le long du trajet S’estompe en quelques mois ; le soleil la fixe
Mois 2 à 12 Le cordon s’assouplit puis disparaît Contrôle à distance pour juger et compléter
Ce que devient une veine traitée
Ce que devient une veine traitée AVANTPENDANT2 À 6 SEMAINES2 À 12 MOIS 1 2 3 4

La veine est dilatée et ne remonte plus le sang : elle le laisse redescendre. Elle ne sert plus au retour veineux — c’est la condition pour envisager de la fermer, et c’est l’écho-Doppler qui le vérifie avant tout geste.

Le produit est mélangé à de l’air pour former une mousse. Elle chasse le sang devant elle et reste au contact de la paroi bien plus longtemps qu’un liquide : c’est ce contact prolongé, et non une injection abondante, qui fait l’effet.

La paroi irritée adhère sur elle-même et la veine se transforme en un cordon plein, ferme, parfois sensible et palpable sous la peau. C’est le résultat attendu, pas une complication — et il se juge à distance, pas le lendemain.

L’organisme démonte ce cordon peu à peu et le fait disparaître. Le sang emprunte les veines saines voisines, qui suffisaient déjà. Une pigmentation brune peut persister quelques mois sur le trajet avant de s’effacer.

Schéma UZELIA — représentation simplifiée, sans échelle.

Deux de ces lignes méritent d’être développées, parce qu’elles sont la source de la quasi-totalité des inquiétudes.

Le cordon dur

Beaucoup s’alarment de sentir, deux à trois semaines après la séance, une corde ferme sous la peau là où il y avait une veine souple. C’est exactement le résultat recherché : la veine s’est refermée et se transforme en tissu fibreux avant d’être résorbée. Elle peut être sensible à la pression pendant quelques semaines. Elle disparaît en quelques mois.

La pigmentation

Une trace brunâtre suivant le trajet traité apparaît chez une partie des patients, surtout après traitement de veines de bon calibre. Elle vient du fer libéré par les globules rouges piégés dans la veine. Elle s’estompe spontanément, en général en quelques mois, parfois davantage.

Deux choses la réduisent nettement : la compression bien portée, et l’évacuation au contrôle des petits caillots superficiels restés dans la veine — un geste simple, fait à l’aiguille, qui soulage immédiatement et diminue la trace. Une chose l’aggrave et la fixe : le soleil. C’est la raison pour laquelle on ne traite pas en été, et pour laquelle la photoprotection des jambes traitées est demandée.

La compression après la séance

Elle se porte quelques jours, et sa durée dépend du calibre traité : deux à trois jours après des varicosités, une à deux semaines après des varices. Elle limite la pigmentation, réduit les caillots superficiels et améliore le résultat. Elle se met le matin avant de se lever et s’enlève le soir ; elle ne se porte pas la nuit sauf indication particulière.

C’est la partie la moins agréable du traitement et celle qui pèse le plus sur le résultat. Une compression non portée n’est pas un détail : c’est un facteur de marque brune et de résultat médiocre.

Ce qui est attendu et ce qui ne l’est pas

Attendu Doit vous faire écrire ou revenir
Ecchymoses aux points de ponction Une douleur qui augmente au lieu de diminuer
Cordon dur et sensible sur le trajet Un mollet gonflé, chaud, douloureux
Pigmentation brunâtre Une rougeur étendue avec fièvre
Sensation de tiraillement à la marche Une plaie ou une zone noire au point d’injection
Fins vaisseaux rouges apparus autour de la zone Un trouble visuel, un mal de tête inhabituel, une gêne respiratoire

La dernière ligne de la colonne de droite est rare mais elle doit être connue : des troubles visuels passagers ou une migraine peuvent survenir dans les minutes qui suivent une injection de mousse, en particulier chez les personnes migraineuses. Ils cèdent spontanément. Une gêne respiratoire ou une douleur thoracique imposent d’appeler le 15.

Quant aux fins vaisseaux rouges qui apparaissent parfois autour d’une zone traitée, ils portent un nom — le matting — et sont un effet indésirable connu, plus fréquent sur les peaux claires et après traitement de gros calibres. Ils s’atténuent souvent seuls en plusieurs mois ; on ne les traite pas dans la foulée.

Combien de séances, et quel résultat

Deux à quatre séances pour des varicosités, espacées de trois à six semaines. Davantage si le réseau est étendu, ou si des varices doivent être traitées d’abord. Chaque séance porte sur une zone délimitée : on ne traite pas les deux jambes entières en une fois, pour des raisons de dose et de tolérance.

Le résultat se juge à distance, pas à la fin de la séance : il faut laisser à l’organisme le temps de résorber ce qui a été fermé. Un contrôle est proposé quelques semaines après, et c’est lui qui décide de la suite du programme.

Ce que nous ne promettons pas : une jambe neuve. La sclérothérapie supprime les vaisseaux traités ; elle n’empêche pas la prédisposition d’en fabriquer d’autres ailleurs avec les années. Un contrôle espacé permet de les traiter tôt, quand c’est simple. Nous ne garantissons pas non plus un nombre de séances fixé d’avance : il est réévalué en cours de route.

Les situations où l’on ne traite pas

On ne traite pas pendant la grossesse ni l’allaitement. On ne traite pas une jambe dont le réseau profond est obstrué et pour laquelle le réseau superficiel sert de dérivation — le supprimer serait délétère, et c’est une des raisons d’être de l’écho-Doppler préalable. On ne traite pas en présence d’une thrombose récente, d’une infection locale, d’une allergie connue au produit, ni d’une artériopathie sévère des membres inférieurs, qui contre-indique la compression.

Un foramen ovale perméable connu et symptomatique, ou des antécédents de troubles neurologiques après une injection de mousse, conduisent à discuter la technique et à préférer d’autres options.

La saison

De l’automne au printemps. Deux raisons : la compression se porte mal par forte chaleur, et surtout le soleil sur une zone récemment traitée fixe la pigmentation brune. C’est la même logique de calendrier que celle qui commande l’épilation laser — pour des motifs différents, mais avec la même conséquence pratique : on commence quand les jambes sont couvertes, pour qu’elles soient prêtes quand elles ne le seront plus.

Le détail du protocole et les honoraires figurent sur la page sclérose à la mousse.

Questions fréquentesce que l’on nous demande

Est-ce que ça fait mal ?

L’aiguille est très fine et la piqûre à peine perceptible. Certains ressentent une brève sensation de chaleur quand le produit se diffuse, de quelques secondes. Le plus inconfortable n’est pas la séance mais le cordon sensible des semaines suivantes, qui reste très supportable.

Puis-je reprendre le sport ?

La marche est recommandée immédiatement, le jour même. Le sport intense, la piscine, le sauna et les bains chauds attendent quelques jours — en pratique, une semaine après une varice, deux ou trois jours après des varicosités.

Combien de temps avant de voir le résultat ?

Les varicosités s’estompent en quelques semaines. Les varices de bon calibre demandent plusieurs mois pour être résorbées, et la trace brune qui suit le trajet peut persister pendant ce temps. Juger le résultat à trois semaines n’a pas de sens.

La veine traitée peut-elle revenir ?

Non : elle est détruite et résorbée. Ce qui peut apparaître, ce sont d’autres vaisseaux, ailleurs, parce que la prédisposition demeure. Ce n’est pas une récidive du traitement mais une nouvelle localisation de la maladie.

Est-ce remboursé ?

Cela dépend de l’indication, pas du produit. Le traitement d’une varice avec reflux documenté à l’écho-Doppler relève de la médecine et peut être pris en charge. Le traitement de varicosités isolées est à visée esthétique et reste à votre charge, avec devis écrit préalable. Dans une même jambe, les deux coexistent souvent : la ligne de partage vous est expliquée avant de commencer.

Peut-on traiter les deux jambes le même jour ?

On peut traiter une zone sur chaque jambe, mais pas deux jambes entières : la quantité de produit est limitée par séance, et la répartir sur trop de territoires nuit à l’efficacité. Le programme est étalé, ce qui permet aussi de juger la réponse en cours de route.

Et si je dois prendre l’avion après une séance ?

Prévenez-nous avant de fixer la date. Un vol long dans les jours qui suivent une séance se déconseille, et si le voyage ne peut pas bouger, c’est la séance qui se décale. Le contexte veineux général est expliqué dans notre article sur les jambes lourdes.

Relu par le Dr BAROUDI

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